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Mon monde

Bienvenue dans mon monde. Ici je partagerais avec vous ma vie, mes réflexions, et pleins d'autres choses Bonne visite 😊

Ma bisexualité ❤💜💙

Publié le 21 Septembre 2023

Après les présentations, il est temps d'écrire sur le premier sujet.

Nous somme le 21 septembre et dans 2 jours, donc le 23 septembre ça sera la journée de la visibilité des personnes bisexuelles. C'est donc tout naturellement que je vais vous parlez dans cette article de ma bisexualité.

J'ai 30 ans et ça fait seulement depuis mes 27 ans que je me considère comme bi.e

Ce moment-là, où je l'ai accepté, je l’assimile à une libération.

Une libération, car mon parcours a été compliqué, non pas s’assumer sois même mais de trouver qui j’étais réellement.

Quand on commence sa période adolescence, c’est la période charnière où on découvre son corps, on se pose des questions sur la sexualité, on prend conscience de ses fantasmes et du plaisir solitaire qu’on peut se procréer.

Je n’ai pas échappé à ce passage de notre vie. Déjà au collège, j’avais des fantasmes avec des camarades féminins de mon âge, mais j’en avais également qui mettais avec des hommes adultes cette fois-ci.

Je ne me suis pas posé plus que questions sur ma sexualité à cette époque. Sur le plan sentimental, j’avais eu un gros crush sur une fille du collège. Pour moi, j’étais hétéro, mon envie avec des hommes murs c'était un fantasme pour des personnes qui ont de l'autorité.

Arrive l’époque du lycée. C’est un monde totalement nouveau pour moi, parce que venant d’un collège de campagne, je me retrouve dans un lycée d’une grande ville se trouvant dans une cité scolaire composée de 3 lycées.

Je suis en filière professionnelle, où il y a uniquement des garçons.

Je regarde les filles, mais sans plus. C’est aussi à ce moment-là, ou je commence à regarder des pornos…hétéros évidements

Puis en 1ere et terminale, il y a ce camarade de classe. Il est grand (2m03), prend soin de lui et porte une boucle d’oreille.

J’ai pendant ces 2 ans, fantasmé de caresses et de relations sexuelles avec lui, sans jamais pourtant avoir des sentiments amoureux à son égard.

Dans ma tête, c’était le trou noir. Je douté de mon orientation sexuelle. Un souvenir marquant fut une brochure qui donner un numéro qui répondait aux ados pour les questions liées à la sexualité. J’ai vu cette phrase « Des doutes sur ton orientation sexuelle » Ce jour-là j’ai failli appeler, mais je ne l’ai pas fait. Au lieu de ça je me suis renseigné sur internet, avec le peu d’information qu’il y avait sur le sujet.

De tout cela je me suis dit que j’étais hétéro avec des fantasmes homos et que cela passerais avec le temps.

Après avoir obtenu mon bac, j’ai continué en B.T.S dans le même lycée. Mon camarade classe était parti, je me suis à nouveau retrouvé avec une classe 100% masculin. Une classe majoritairement misogynie et homophobes. C’était l’époque où le débat sur le mariage et l’adoption pour les couples de même genre faisait rage à l’assemblée nationale….

J’ai eu un énorme crush sur une lycéenne de première en art appliqué lorsque j’étais en première année de B.T.S

C’est pendant mes études supérieurs que j’ai rencontré mon meilleur ami actuel et aussi ou j’ai eu ma première fois avec une fille.

Dans la vie active, j’ai eu quelques histoires d’un soir avec des filles, et bien je mettais rangé dans la case hétéro, je me sentais pas à ma place, comme si une partie de moi était ailleurs. J’avais une attirance pour les deux genres, mais avec une grosse préférence pour les femmes. Mais dans ma tête une personne bisexuelle est autant attirée par un genre que par l’autre.

J’avais comme une envie, d’essayer avec un homme un jour, mais encore fois je me suis dit c’est juste un fantasme.

Mais par curiosité un jour, j’ai regardé un porno gay. Et là j’ai pris autant de plaisir que si c’était une scène hétéro. Je n’avais qu’une envie être à la place du mec passif. J’en ai regardé d’autres mais toujours majoritairement hétéros.

S’en n’est suivi une longue période de doute. Mais c’est pile le bon moment qu’a choisi la vie pour me mettre à l’épreuve. J’ai développé une réelle attirance romantique et sexuelle pour mon meilleur ami.

Je pensais à lui tout le temps, il était dans mes fantasmes, et quand on se voyait mon cœur s’emballé et j’étais encore plus heureux de le voir, de l’avoir à côté de moi, auprès de moi. J’avais qu’une envie, l’embrasser. Mes il était hétéro, donc je savais que cet amour ne serait pas réciproque, mais cette expérience a prouvé que je pouvais développer des sentiments pour un homme.

 

J’ai de nouveaux faits des recherches sur la bisexualité, et là je suis tombé sur l’enquête d’Ined où beaucoup de personnes bisexuelles disant avoir une préférence pour un genre sont plus nombreuses que celles qui ressentes autant d’attirance pour les deux genres. En la lisant, je me suis reconnu. J’ai également cherché sur Instagram des comptes parlant du sujet. J’ai lu le témoignage de ces personnes et plus je lisais plus j’avais cette impression de sortir du brouillard. Plus j’avancé dans la lecture des publications et plus je me sentais appartenir à cette communauté.

Pendant plus de 12 ans, je cherchais à mettre un mot sur mon ressenti, sur mon orientation, sur une part de moi-même tout simplement.

Si j’ai mis autant de temps pour accepter ma bisexualité, c’est avant tout la société qui pendant des années, m’a fait croire que pour être bi, il faut obligatoirement être attiré par les deux genres dans la même proportion.

Je pense qu’il y également, un part d’internet. Le web des débuts des années 2010, n’est pas le même que celui de la fin de cette décennie.

Ado je n’avais pas les mêmes outils qu’une fois adulte, je pense notamment aux comptes militants sur les réseaux sociaux, qui par leur publications de témoignages et de réflexions donnent des clés pour nous libérer des clichés véhiculés par la société en générale.

Grace à ça j’ai pu prendre confiance en moi, et je me suis senti enfin appartenir à une communauté.

 J’ai eu ma première fois avec un homme. Bien que stressé, j’ai apprécié ce moment et j’avais envie d’avoir d’autres rapports sexuelles avec la gente masculine tout en continuant d’en avoir avec la gente féminine.

 

Je n’ai jamais fait de coming out à ma famille, tout d’abord à 15 ans, âge des premiers émois amoureux, mes parents m’ont dit que je pouvais ramener une fille ou un garçon à la maison, cela leur est égale.

Ensuite les hétéros ne le font pas, pourquoi en tant que personne bi devrais-je ?

Enfin c’est ma vie, et je ne dois rien à personne !

Je n’ai pas vécu de biphobie à titre individuel, mais j’ai déjà entendu des choses sur le sujet.

Je repense à mon père, à la fin d’un repas discuté avec un amis des orientations sexuelles, pour eux la bisexualité n’existe pas en tant que t’elle. C’est juste une phase avant de se ranger dans la case hétéro ou homo. J’étais révolté au fond de moi-même, mais je n’ai rien dit.

Je repense également à l’époque où Angèle se définissait comme bisexuelle. A chaque fois qu’on entendait une de ces chansons à la radio, mon chef disais toujours « tiens encore la lesbienne qui chante » quand je lui faisais remarqué qu’elle était bi il me répondait que c’était la même chose.

Je me suis également récemment inscrit sur une application de discussions et rencontres entre personnes LGBTQIA+

Je suis tombé sur le profil d’une personne de ma ville, qui dit clairement qu’elle veut rencontrer des personnes LGT. Dans sa bio elle écrits clairement que les personnes bies sont priées de passer leur chemin. Heureusement il ne s’agit là qu’une infime partie.

 

Nous avons encore beaucoup de chemin à faire, pour que notre identité, notre vécu soit enfin accepté par la société. C’est un combat de tous les jours qui mérite d’être mené.

 

Je voudrais évoquer un dernier point.

J’ai vu sur beaucoup de comptes sexo-positive sur Insta, que le fantasme numéro chez les femmes hétéros était un plan à 3 avec deux hommes bi.

Un jour j’ai décidé de mettre dans ma bio, mon orientation sexuelle. Les femmes hétéros qui ont liké mon profil, l’ont fait car elles souhaiteraient savoir ce que ça fait de coucher avec un mec bi. Mais quand je parlais d’engagement dans une véritable relation, cela tourné court. Quand j’ai décidé de ne plus mentionner mon orientation, les discussions étaient plus longues.

Cela me donne une impression de pouvoir être libre d’afficher ma bisexualité uniquement sur le plan sexuel. Sur le plan sentimental c’est cache ça et tait toi !

 

Quant aux applications de rencontres entres hommes, ce n’est pas mieux. Ici il n’y a pas de place pour les sentiments. C’est uniquement du sexe et ceux dès les premiers messages. Même la personne qui commencera la conversation avec des « Salut, comment vas-tu ? » à partir du troisième message te parlera clairement de sexe. Et même si tu marques sur ton profil, que tu ne souhaites pas recevoir de dicks picks, en t’en envoi quand même. Je peux en recevoir entre 2 et 3 / semaine.

Alors que la communauté gay devrait être un espace safe, j’ai l’impression du contraire et que cette espace-là est lui aussi gangréné par la virilité et la masculinité toxique

J’ai depuis arrêté les applications de rencontres, mais je ne ferme pas la porte à pouvoir les réutiliser un jour.

 

Si je témoigne sur mon vécu en tant qu’homme bi et que mon parcours est encore compliqué, c’est pour aider d’autres hommes notamment jeunes, à se définir plus facilement. Mais aussi parce que je suis fier d’appartenir à cette belle communauté.

A tous les ados, garçons comme filles qui se posent la question « suis-je légitime pour me revendiquer bi ? » je leur dirais « vas-y, fonce ! Il y a toute une communauté prête à vous accueillir les bras et le cœur ouvert »

 

❤💜💙

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